Introduction

Fruit de la peur, l’impulsion de savoir et de vouloir est la racine de nos souffrances psychologiques. Notre existence n’est souvent qu’une lutte pour faire triompher cette affirmation de superficialité. La recherche constante de sécurité est l’obstacle essentiel à la révélation d’une liberté qui nous sollicite pourtant à chaque instant de ce que nous appelons la vie ordinaire.
Laisser le monde libre de nos projections est l’art suprême exprimé par les grandes traditions spirituelles. Cette écoute sans appropriation est l’ultime solution à nos conflits imaginaires, mais bien réels dans notre codification de la vie.

Redoutée par notre psychisme policé, l’émotion se trouve à la source de toute perception. Accueillie sans réserve, cette énergie se libère de ses causes apparentes et devient le chant de la vie, silence de la personne. Écho de la condamnation originelle et sans appel à la joie, notre misère apparaît alors comme le deuxième fils de la femme stérile.
Fin de toute pensée intentionnelle, cette alchimie de l’émotion constitue le cœur de la tradition du shivaïsme non duel cachemirien.

Ces entretiens nous trouvent au centre de nos préoccupations profanes qui, dans notre accueil, s’avèrent être la porte de l’essentiel. Balayée par le feu de l’instant, toute résistance à la vie sans conclusion, au non-savoir cher à Jean Klein, se révèle un combat sans espoir.

Le soufre rouge serait-il ailleurs que dans notre Présence ?