d'Éric Baret
Éditions Trait d'union
Critique
par Georges de Puycomtal
Notre cousin, Raymond de Ravel, avait déjà en son temps, (Troisième Millénaire n° 53 / Occulture n° 6), exprimé l'absolue révolte suscitée par la lecture des livres du dénommé Éric Baret.
On aurait pu croire qu'en méditant ces paroles cet auteur en restât là. Hélas, les éditions Trait d'union viennent de faire paraître un nouvel ouvrage et l'on entend déjà parler d'un autre pour la fin de l'année.
Monsieur Baret ne s'arrêtera-t-il donc jamais ?
Le Seul Désir (sic), dernier paru en titre, continue son entreprise de critique de la spiritualité moralement acceptable, commencée avec Les Crocodiles ne se lavent pas, il y a quelques années. Comme s'il n'y avait qu'un seul désir en l'homme ; quelle absurdité !
Le sous-titre racoleur : Dans la nullité des tantra, semble bien mal placé dans cet ouvrage qui ne parle pas plus de tantra que de quoi que ce soit de sérieux. En effet, M. Baret s'obstine à ne pas laisser de place à une pensée structurée, si nécessaire en nos temps modernes. En serait-il même capable ?
Un flou quasi poétique, n'apportant rien, n'expliquant rien, reste le coeur de cette publication. Quelques citations chrétiennes de qualité semblent également mal placées chez quelqu'un dont les séminaires ont été jugés incompatibles avec la doctrine chrétienne, ainsi que le père Combal, recteur du sanctuaire de Notre-Dame du Laus, l'a signifié dans une lettre récente communiquée à l'auteur.
D'autres citations d'un certain J. Lusseyran résonnent dans ces textes de la même abdication face à la vie présente. Monsieur Lusseyran paraît accepter sa cécité et son enfermement en camp de concentration comme une bénédiction !! C'est vraiment le monde à l'envers.
L'islamisme béat de Monsieur Baret n'étant plus à démontrer depuis la tirade finale de son dernier livre, Le Sacre du dragon rouge, il culmine cette fois dans une citation de l'incompréhensible Ibn Arabi. Ce soufi extrême -- dont les critiques d'Ibn Tamiyya et de bien d'autres ont montré la trahison vis-à-vis de l'islam respectable des docteurs de la loi -- traite d'une gouttière de Fès qui aurait été un de ses maîtres spirituels !!! On comprendra l'attirance pour l'absurde de Monsieur Éric Baret, pour qui la pratique de la violence, comme le jiu-jitsu et le karaté, représente une voie de paix !!!
Les chapitres traitant de l'amour, fréquents dans cet ouvrage, nous ont semblé les plus insultants pour la vie en société. Certaines expressions, comme « la personne ne peut pas aimer », semblent bien résumer le dramatique regard sur le monde présent à chaque page de ce que nous nous refusons à appeler un ouvrage. Souhaitons que les couples actuels désirant approfondir leur vie maritale (c'est-à-dire inévitablement le désir, la possession et la demande) restent loin de ces propos scandaleux qui pourraient aggraver leur condition souvent problématique.
Espérons que les pauvres lecteurs, devant tant d'outrages au bon sens, ne seront pas découragés de continuer leur quête du paradis spirituel. Nous ne saurions que leur recommander les ouvrages si profonds d'Andrew Cohen, de Lee Lozovick, d'Arnaud Desjardins, de Ramesh Balsekar ou de Richard Moss. Là, ils trouveront le moyen et le savoir nécessaire pour arriver à l'éveil aussi parfaitement que ces grands maîtres y sont parvenus.
Puissent ces lignes être les dernières et suffisantes pour enterrer cette oeuvre qui ne sort du silence que pour mieux y retourner.
Seul point positif de cette publication, la photo en couverture de ce remarquable bronze népalais, qui ressemble étrangement à une pièce exposée au Metropolitan Museum of Arts de New York. Remercions l'éditeur pour son choix de couverture et espérons que le contenu de ses prochains ouvrages soit un jour à la hauteur de ses couvertures.
G. de P.