Le Sacre du Dragon vert
pour la joie de ne rien
être
(Éditions JC Lattès, Coll. Voyageurs immobiles, 350 pages)
Un nouveau livre au titre pompeux par l'auteur de Les crocodiles ne pensent pas (sic), aux éditions de Mortagne, et de L'eau ne coule pas (resic), aux éditions du Relié. Le Sacre du Dragon vert, pour la joie de ne rien être : toujours cette navrante stérilité poétique.
Une photo d'un exceptionnel bronze népalais orne la couverture de cet ouvrage : cela semble en être le seul attrait. Mais que peut bien vouloir dire cette reproduction alors que Monsieur Baret ne se réfère qu'occasionnellement à l'Orient ?
Une photo du maître, Jean Klein, paraît aussi déplacée chez quelqu'un qui semble ne pas vraiment avoir de maître.
Ce livre a-t-il même un contenu ?
On est en droit de se le demander, quand pratiquement toutes les réponses aux questions -- souvent intellectuelles -- ramènent l'infortuné lecteur à l'absence de lui-même, là où il n'y a rien à dire. Pourquoi donc un livre ?
L'art du yoga cachemirien, sujet si passionnant que l'on dit connu par l'auteur, et qui aurait peut-être donné à cet ouvrage un peu de substance, est étrangement absent.
Monsieur Baret connaît-il vraiment quelque chose à ce sujet ?
Dès que l'on commence à approfondir la discussion, il prend plaisir à éviter toute certitude et diffuse ses réponses sans jamais conclure. On devinera la frustration chez l'honnête lecteur en quête d'informations et de vérité métaphysique.
Quant à la tirade de la fin, que penser de : « Il ne reste qu'Allah, le très clément, etc. » ? Monsieur Baret est-il un intégriste musulman de plus ? (Il semble que dans une interview au Canada, il fasse état d'une naissance en Algérie...). Peut-être devrions-nous l'appeler Mohammed-al-Baret ?
Ou bien l'auteur sait quelque chose -- alors qu'il le dise -- ou si, comme il le suggère, il ne sait rien, qu'il se taise. Pourquoi parler de ce que l'on ne connaît pas ?
Que d'arbres coupés pour imprimer ces légèretés ! Un peu de respect pour la nature, Monsieur Baret !
En conclusion : rien à tirer de cette lecture où tout se passe dans un espace sans contour ; un livre à éviter avec ardeur.
Nous plaignons l'infortuné lecteur : que de temps perdu sans profit !
Monsieur Baret, cherchez un véritable travail si vous en êtes capable, et laissez la spiritualité aux éveillés professionnels, si nombreux et si facilement accessibles de nos jours.
Raymond de Ravel